La belle Rihanna a beau venir d'arriver sur la planète showbiz, elle a le sens du spectacle et le professionnalisme des plus grands. À 19 ans seulement, elle sait se tenir sur scène.
Photo Martin Chamberland, La Presse
Sans souffler, la chanteuse originaire de la Barbade a enchaîné avec deux autres chansons avant de s'adresser brièvement à la foule. «Je suis si heureuse d'être de retour à Montréal, ma ville préférée au monde», a-t-elle lancé. Le compliment a eu tout un effet sur les 11 900 personnes réunies au Centre Bell, hier. Vrai, pas vrai? On ne soumettra pas Rihanna au test du polygraphe, mais disons, à sa décharge, qu'elle est de retour par chez nous pour la troisième fois en deux ans. C'est ce qui arrive quand on mène une carrière à 200 à l'heure, qu'on multiplie les lancements d'albums et qu'on les vend par millions.
Pendant 70 petites minutes, la chanteuse a livré une quinzaine de chansons gravées sur ses albums Music of the Sun, A Girl Like Me et Good Girl Gone Bad. Sur une scène dénuée d'artifices (d'autres chanteurs pop millionnaires nous ont habitués à beaucoup mieux), Rihanna a offert une performance de haut calibre. Entre deux envolées vocales bien maîtrisées, la belle a conquis la foule, entourée de quatre danseurs, deux choristes et quatre musiciens. Du coup, impossible de ne pas imaginer à quel point un dispositif scénique plus imposant aurait donné du tonus à sa prestation (captée hier pour internet).
Si l'étoile de Rihanna ne pâlit pas rapidement, peut-être aura-t-on droit, un jour, à une soirée aussi mémorable visuellement que ce que nous ont servi Justin Timberlake et Beyoncé, au cours des derniers mois. Car la belle a beau venir d'arriver sur la planète showbiz, elle a le sens du spectacle et le professionnalisme des plus grands. À 19 ans seulement, elle sait se tenir sur scène, même si se déhancher comme Madonna n'est pas sa priorité.
L'important, c'est d'abord de faire voyager sa voix dans tout le Centre Bell. Rihanna, qui aime se présenter légèrement vêtue sur scène, enrubannée de latex, veut toucher le public (en interprétant Unfaithful, notamment) et montrer que les arrangements de ses chansons ne sont pas coulés dans le béton.
Son virage rock, amorcé sur son troisième album Good Girl Gone Bad, se fait d'ailleurs sentir davantage en spectacle. Sur scène, Pon the Replay et Umbrella font la belle part aux guitares. Shut Up and Drive inspire davantage une mise en scène «course automobile» qu'une chorégraphie dansée typiquement pop.
Akon, numéro 1 du Tricolore
Malheureusement pour les fans, si Rihanna a déjà une tonne de succès à offrir, elle n'a fait que passer sur la scène du Centre Bell, hier. Le programme double Rihanna-Akon proposé à Montréal vaut le détour, mais il ne met pas assez en valeur la chanteuse. Une fois Cendrillon partie, on a simplement eu l'impression d'avoir assisté à une première partie de spectacle.
Cela dit, à en juger par les cris, la foule semblait s'être d'abord déplacée pour Akon. Le chanteur américain d'origine sénégalaise et son inséparable DJ Benny D (quel meneur de foule!) se sont pointés sur scène sous un tonnerre de cris. Akon a fait trembler le Centre Bell avec les rimes de Shake Down, We Takin Over, Gun Shot et Smack That.
Au cours d'une prestation mieux ramassée que celle en dents de scie de mai dernier (en première partie de Gwen Stefani), Akon a embrasé la foule avec les titres de ses deux albums. Puis, il a alimenté la braise en enfilant un chandail des Canadiens, en dévoilant ses pectoraux coupés au couteau, en jouant les évangélistes...
Akon a rarement laissé la tension retomber, hier, ne s'exprimant que quelques secondes seulement entre chaque chanson et n'offrant invariablement que quelques couplets de celles-ci. C'était le party dans les gradins et au parterre, autant que sur scène.